Groupe de travail "Pedibus" (1)

 

Le Pédibus arrive à Pantin !!!

 

Depuis plusieurs années, la ville de Pantin s’est lancée dans une politique de développement durable. Elle a d’ailleurs été récompensée, par le jury de la 5ème édition des Rubans du Développement Durable (13 septembre 2007), organisée conjointement par Dexia Crédit Local, le Comité 21 , l'Association des Maires de France (AMF) et l'Association des Maires de Grandes Villes de France (AMGVF), pour sa démarche « Le développement durable à Pantin : un choix, une réalité ».

C’est dans ce contexte que le conseil de quartier Mairie-Ourcq a décidé de créer un groupe de travail afin d’étudier la possibilité de mettre en place des lignes de pédibus sur la commune. Afin d’aboutir, un tel projet nécessite le soutien et l’implication de la ville, des parents d'élèves volontaires, de l'Inspection Académique, des directions d'écoles, des représentants des parents d'élèves, voire des délégués départementaux à l'éducation nationale.

Cette note a donc pour but de définir le principe du pédibus et les éléments nécessaires à sa mise en place. Elle est basée sur les retours d’expériences des nombreuses villes s’étant déjà lancées dans l’aventure.

 

1. Qu’est-ce que le pédibus ?

 

En France, la marche et les deux-roues assurent la moitié des déplacements liés aux études (écoliers, collégiens, lycéens, étudiants) contre 20% en voiture. Cependant, en moyenne, 70% du cycle élémentaire se rendent, chaque jour à l’école en voiture (entre 20 et 80%). Le trajet domicile-école est pourtant rarement supérieur à 2 kilomètres en milieu urbain.

Les autobus pédestres - ou pédibus - sont un mode de ramassage scolaire. L'enfant attend à un arrêt qu'un groupe d’élèves encadré de parents accompagnateurs volontaires viennent le chercher pour partir à l'école. C'est un groupe d'écoliers conduit à pied par des adultes (souvent des parents) bénévoles, qui suit un itinéraire précis pour accompagner les enfants en toute sécurité et à l’heure à l’école.

Comme le bus, les enfants rejoignent des points d'arrêts déterminés au plus près de leur domicile.

A pied, la ligne ne doit pas dépasser un temps de parcours de 15 à 20 minutes (y compris les temps d’arrêt) soit une distance parcourue de 750 à 1 000 m.

 

Né en 1976 au Danemark dans la ville d'Odensee, le programme "aller-retour sécuritaire pour l'école", est une réaction au problème d'augmentation du nombre d'accidents graves sur le chemin de l'école.

Résultat : en 3 ans, le taux annuel d'accident est en baisse de 85%.

Cette idée fait son chemin : en 1997, les Etats-Unis lancent une journée nationale appelée "Marchons vers l'école". Puis c'est au tour du Canada. Depuis, d'autres pays ont pris conscience de l'importance des déplacements domicile-école et ont instauré le principe des pédibus.

De nombreuses villes ou agglomérations françaises ont mis en place des lignes de pédibus : actuellement près de 400 lignes quotidiennes pédibus fonctionnent en France.

Les pédibus découlent de la réalisation d'un Plan de Déplacements d'Ecoles appelé également Plan de Déplacements Domicile-Ecole ou Plan de Déplacements d'Etablissements Scolaires (PDES), élaboré en concertation entre la ville, la communauté éducative et les parents. Il consiste en un diagnostic de la mobilité et de l'accessibilité. Les conditions de sécurité routière sont examinées. La question des responsabilités est examinée. Les itinéraires sont validés.

Le pédibus a pour vocation un fonctionnement quotidien. Il s'agit d'une des réponses les plus courantes des parents aux problèmes d'encombrements posés par la voiture.

La pertinence du système apparaît particulièrement intéressante lorsqu'on prend en compte l'augmentation importante de la proportion de parents emmenant leurs enfants en voiture à l'école (de 10 % en 1983 à 40 % en 2003 en France), la plupart du temps pour un trajet inférieur à 1km à pied. Ces pédibus évitent les embouteillages et le stationnement sauvage aux alentours des écoles, réduisant ainsi le risque d'accident (http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9dibus)

 

 

2. Les atouts du pédibus

 

Le pédibus offre de nombreux bienfaits auxquels on ne pense pas toujours :

(http://www.tousapied.org/accueil/).

 

2.1 Etre en bonne santé

 

Le Pédibus, en faisant pratiquer aux enfants quotidiennement un effort physique "dosé " participe à leur santé.

Les distances sont mieux perçues, ainsi que la vitesse. Le temps retrouvé, ils se réapproprient leurs rythmes naturels.

Avec un taux d'obésité infantile croissant, la pratique d'une activité physique devient une priorité. 15 minutes à une heure de marche par jour contribuent à préserver notre capital santé.

Enfin, la concentration des enfants est accrue : ils arrivent frais et dispos pour démarrer leur journée.

 

2.2 Respecter l'environnement

 

La mise en place de lignes de pédibus permet de réduire la pollution atmosphérique liée aux déplacements automobiles les plus polluants (entre 1 et 2 km). Chaque trajet en pédibus permet également de réduire le trafic autour des écoles.

Les enfants peuvent redécouvrir les saisons, dialoguer avec leurs camarades, être séduits par la nature et même interpellés par les aménagements de leur environnement.

2.3 Amélioration de la sécurité

Le pédibus est aussi un moyen d’améliorer la sécurité des enfants aux abords des écoles. Moins il y aura de voitures et moins il y aura de risques d'accidents.

2.4 Devenir responsable

Les enfants en utilisant le pédibus apprennent les significations des panneaux routiers.

Ils apprennent aussi à appréhender les situations dangereuses ce qui leur permet d'acquérir de l'autonomie face à la circulation.

2.5 Plus de convivialité

Outre l'économie financière, les liens sociaux sont favorisés. Quoi de plus propice à l'échange que la marche à pied ?

Le pédibus permet aux parents de se rencontrer, de renouer avec la notion d'entraide.

Les enfants quant à eux retrouvent leurs amis, s'en font de nouveaux... et communiquent !

 

 

3. Les étapes de sa mise en place

 

3.1 Les acteurs à contacter

 

Lors de la mise en place d’un pédibus, plusieurs acteurs sont à impliquer dès l’origine du projet afin de le mener à son terme :

Les parents : leur implication et leur motivation sont primordiales.

Les Elus : partenaires très importants. Ils peuvent intervenir si le passage d'un pédibus nécessite des travaux sur les voiries (zone 30, élargissement de trottoir, sécurisation d’un trajet, mise en place des bornes de ramassage, etc.). Leur soutien est aussi indispensable afin de communiquer autours des opérations et de garantir la sécurité de tous (prise en charge des assurances spécifiques et du matériel nécessaire par exemple).

Le milieu scolaire: fort relais d'information concernant l'écomobilité. Il participe à l'enseignement et à la sensibilisation sur les problématiques environnementales.

Les associations : elles permettent d'apporter un soutien technique aux porteurs du projet et peuvent fournir du matériel comme des gilets fluo ou encore des bracelets réfléchissants.

 

3.2 L’élaboration du projet

 

Mobiliser un groupe projet : rencontre avec les élus, les associations de parents d’élèves et la direction des écoles pour présenter le projet.

Connaitre les pratiques, les attentes, identifier les participants potentiels : questionnaire sur les habitudes des parents.

Définir un (des) itinéraire(s), réunir les inscriptions : retour et élaboration des trajets / signature de la charte par les parents volontaires et les enfants.

Organiser les tours de rôle : distribuer les chasubles aux accompagnateurs, expliquer les rôles et responsabilités de chacun).

Organiser la phase test : parcours test.

S’inscrire dans la durée : retour d’expérience, réunion de suivi et modification des trajets le cas échéant.

 

3.3 Les risques d’abandon du projet

 

D’après l’ADEME, la démarche du pédibus fonde avant tout sa survie sur un engagement sans faille de la part des parents. Or, ce système s’inscrit dans un contexte de volontariat et on peut recontrer parfois une certaine démontivation des parents ou le départ de parents « moteur ».

Actions de prévention : s’assurer un soutien de la mairie et des associations de parents d’élèves et une visibilité constante (journal de la ville, site internet, panneaux d’information au niveau des écoles, journées thématiques, etc.).

Evaluer le pédibus pour un retour d’expérience afin de l’améliorer le cas échéant : renouvellement des équipes de parents accompagnateurs, adaptation des circuits à la disponibilité réelle des accompagnateurs (faire preuve de souplesse et de pragmatisme), animation du réseau de manière conviviale, réflexion sur la meilleure organisation possible.

 

 

4. Le pédibus en toute sécurité – quelle assurance ?

 

Les assurances individuelles et scolaires couvrent Pédibus.

Il s'agit d'une entraide entre parents et les responsabilités ne sont pas différentes de celles que l'on assume pour conduire les camarades de l'enfant à un goûter ou une activité sportive.

- Si un enfant est blessé sur le chemin de l’école, le dommage corporel subi par l'enfant sera couvert par l'assurance scolaire ou garantie individuelle-accident auxquelles les parents souscrivent. Groupe de travail_pédibus/note_v1

- Si un enfant provoque un accident sur le trajet, la responsabilité civile des parents de l’enfant fautif est couverte par l’assurance scolaire ou par la responsabilité civile familiale.

- Les accompagnateurs bénévoles s'engagent à respecter des consignes de sécurité pour les enfants.

Les responsabilités civiles ou pénales des accompagnateurs ne pourront être engagées qu'en cas de “ faute ” commise au cours du trajet ayant entraîné un dommage grave.

L’accompagnateur vérifiera auprès de son assurance qu’il est couvert en cas de dommages causés à un tiers.

- Si une association porte le projet et le souhaite, elle prend en charge l’assurance en vérifiant que les membres accompagnateurs sont bien couverts par le contrat souscrit.

- La ville peut aussi prendre en charge les assurances des parents accompagnateurs.

 

Selon Mr Bayvet du cabinet de courtage en assurance BAYVET-BASSET (16 rue de St Pétersbourg, 75008 PARIS), un tel contrat peut s’élever à environ 300 € pour l’ensemble des accompagnateurs.

L’ADEME a publié un point juridique concernant les responsabilités liées à l’accompagnement d’enfants lors des déplacements domicile-travail. Ce rapport est disponible à l’adresse suivante :

http://www.ademe.fr/auto-diag/transports/rubrique/Dossiers/doc/juridic3.pdf

Il est conseillé de créer des structures associatives supportant la responsabilité pour les parents accompagnateurs et les organisateurs.

 

 

5. Retours d’expériences

 

Les villes mentionnées ci-dessous ont mis en place des lignes de pédibus.

 

5.1 Brest

 

La ville de Brest met un très grand nombre de documents à la disposition des internautes à l’adresse suivante :

http://www.mairie-brest.fr/cub/pedibus.htm

Des exemples de documents permettant de suivre la mise en place de lignes de pédibus sont présentées en annexe. Ces fiches présentent clairement les différentes étapes à suivre en partant de l’enquête concernant les modes de transport utilisés jusqu’à la charte à signer par les accompagnateurs volontaires.

 

5.2 Grand Lyon

 

Plus de 70 écoles ont des lignes quotidiennes de Pédibus : Caluire, Craponne, Lyon 5e, Sainte Foy-lès-Lyon, Saint-Genis-Laval, Saint-Genis-les-Ollières, Tassin-la-demi-Lune, Villeurbanne… Dans l'agglomération lyonnaise, le Pédibus concerne déjà quelque 2000 enfants

http://www.grandlyon.com/Publications-sur-Pedibus.2368.0.html

 

5.3 Pays-de-la-Loire

 

Angers : 6 lignes de pédibus + 3 lignes de vélobus – 47 accompagnateurs pour 275 enfants concernés – 18 500 euros dépensés pour lancer l’étude par un bureau spécialisé, 5 000 euros pour les accessoires de sécurité et les supports de communication + temps passé par un animateur d’éducation à l’environnement.

La Montagne : 3 lignes de pédibus – 36 enfants concernés – 17 accompagnateurs – 4 767 euros de supports de communication et d’accessoires de sécurité routière + 400 heures de l’animatrice d’éducation à l’environnement.

5.4 Rennes Métropole

 

Depuis 2004, 24 communes de l'agglomération se sont engagées dans la démarche Pedibus. Plus de 700 enfants, accompagnés par des parents bénévoles, se rendent à l'école quotidiennement (ou presque) en empruntant l’un des 67 circuits tracés avec et pour eux. Cela représente 35 000 voitures en moins devant les écoles par an.

http://www.rennes-metropole.fr/pedibus,93014,fr.html

5.5 Suresnes

 

Le site de la ville de Suresnnes présentent les résultats de la mise en oeuvre de six lignes de Pédibus dans sa commune : http://www.ville-suresnes.fr/fr/pedibus/pedibus_contexte.html :

La distance moyenne parcourue par les écoliers à chaque trajet domicile-école est de 800 mètres. Un report modal élevé de la voiture à la marche à pied est observé lorsqu'il y a un Pédibus : ce report est de 80% en moyenne. Cela équivaut à environ 8 000 trajets en voiture pour l'année scolaire 2006-2007 (sur la base de quatre trajets domicile-école les matins travaillés

 

5.6 Trembley en France

 

Tremblay en France a mise en place sa première ligne de pédibus en 2002. Deux autres lignes ont été ouvertes en 2004. Le graphique suivant présente les résultats d’un enquête réalisée après deux ans d’existence de la ligne de pédibus afin de connaitre l’évolution des habitudes de déplacements des élèves.

http://www.tremblay-en-france.fr/page/p-111/art_id-773/#1897

 

5.7 Autres retours d’expériences

 

De très nombreux documents sont disponibles sur Internet que ce soit au niveau français ou international (Canada).

 

 

6. La déclainaison du pédibus au niveau de Pantin

 

6.1 Comment le mettre en place

 

Une ou 2 opérations test dans le quartier Mairie-Ourcq pour des écoles pour lesquelles les abords sont déjà aménagés (trottoirs, zone 30, employés municipaux présents aux abords des écoles pour faire traverser les routes, etc.).

 

6.2 Le choix des écoles

 

Pour commencer et lancer une opération test sur Pantin, il est préférable de cibler une école primaire : en effet, les parents d’élèves seront certainement moins craintifs à l’idée de confier leur(s) enfant(s) de primaire (6 à 10 ans) plutôt que des enfants de maternelle (ayant moins de 6 ans) à une tierce personne.

Il existe 2 écoles primaires sur le quartier Mairie-Ourcq, une 3ème devant ouvrir pour la rentrée scolaire de septembre 2010 (voir le plan ci-dessous). Groupe de travail_pédibus/note_v1

 

6.3 L’heure de ramassage

 

Il semble plus efficace d’organiser le ramassage uniquement le matin, dans un premier temps. En effet, les activités et les habitudes pour récupérer les enfants en fin de journée sont très diverses et complexifient la mise en place du dispositif le soir.

6.4 Personnes à contacter

 

Il serait souhaitable de se rapprocher :

- De Mr LEBEAU, adjoint au maire à l’environnement et aux transports et à la circulation,

- Des représentants des parents d’élèves ainsi que des directions des 2 écoles primaires du quartier.

 

En fonction des discussions et de l’intérêt de chacun dans le projet, une voire les 2 écoles pourront faire l’objet d’une étude préliminaire afin de mettre sur pieds une ligne test de pédibus sur le quartier.

 

Les trois écoles primaires du quartier Mairie-Ourcq sont :

L’école Sadi Carnot – 2, rue Sadi-Carnot

L’école Louis Aragon – 25, quai de l’Ourcq

L’école du Centre –quai de l’Aisne

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